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L’or et les autres matières premières

L’or

En voyant le prix de certaines matières premières flamber (pétrole, riz, métaux rares, …), on peut légitimement se demander si les métaux précieux ne sont pas les derniers de classe. Pour répondre à cette question, visualisons les différents ratios entre l’or et le pétrole, l’or et les métaux industriels, l’or et les matières premières agricoles, depuis le printemps 2000 :
Ces graphiques sur 8 ans nous montrent que l’or a fait 26% moins bien que le pétrole, 16% de mieux que l’ensemble des métaux industriels, et 43% de mieux que les produits agricoles. En revanche, l’or a fait moins bien que certains métaux particuliers comme le rhodium, le molybdène, l’uranium, ou encore le cuivre et le plomb.
Selon la période considérée, on peut arriver à des conclusions opposées, par exemple : depuis 2003, l’or fait moins bien que les métaux industriels, et depuis 2006, l’or fait moins bien que les produits agricoles. Mais comme le grand cycle de hausse sur les matières premières a débuté autour de 2000-2001, je préfère comparer les performances depuis cette date.

L’or plus fort que le dow jones

Jusqu’à présent, l’or ne s’est pas beaucoup démarqué des autres matières premières. Comparé à la hausse « sauvage » de certaines matières premières, l’or fait même pâle figure. En fait, le potentiel de hausse pour la demande d’investissement en or est resté intact, car la confiance envers la monnaie-papier n’a pas encore été sérieusement entamée. Pour preuve, les investisseurs qui possèdent de l’or en portefeuille aujourd’hui sont peu nombreux. Nous sommes donc encore tôt dans le grand cycle de hausse qui a débuté en 2001, et qui pourrait durer jusqu’en 2015, et nous devrions profiter de chaque correction importante pour accumuler de l’or à bon prix.
En revanche, le renversement des cycles haussier et baissier entre l’or et les actions, opéré en 2001 est clairement mis à jour avec le ratio or/Dow Jones, qui montre que l’or a fait 200% mieux que les actions américaines du Dow Jones depuis 2001 :
Concernant l’or et l’argent physique, il s’agit de fenêtres d’achat mobiles, qui doivent être adaptées selon la position de la MMexp200jours.

Commentaires sur le marché de l’or

La baisse de l’or, de $1030 à $847, au moment même où la Fed annonçait une nouvelle baisse de 75 points de ses taux directeurs, a déstabilisé beaucoup de nouveaux arrivants dans le marché de l’or, car plusieurs facteurs positifs soutenaient le cours de l’or et plaidaient pour un prix plus élevé :
1) Une baisse des taux directeurs est en général négative pour le dollar et positive pour l’or.
2) Des taux réels négatifs sur l’obligataire sont un moteur de hausse très important pour l’or, comme on peut le voir sur ce graphique, qui compare le taux réel sur le bon du Trésor à 10 ans, et le cours de l’or inversé :
Officiellement, nous avons 4% d’inflation aux USA en avril, et le taux sur le 10 ans avoisine 3,8%. Donc le rendement est négatif. En prenant l’indice des prix à la consommation de John Williams, qui est de 7,3% en avril, nous arrivons même à un taux réel de -3,5% ! Lorsque le rendement réel sur une devise est pareillement négatif, l’or peut entrer en compétition et détourner les capitaux qui habituellement cherchaient refuge dans l’obligataire.